Accueil du site > Actualités > UDS : bilan sur les retours du questionnaire diffusé par le (...)

UDS : bilan sur les retours du questionnaire diffusé par le SGEN-CFDT

ayant pour objet la création de l’UdS et son fonctionnement

lundi 18 janvier 2010


Retour sur l’objectif du questionnaire

Au mois d’octobre, 10 mois après la création de l’UdS et la fusion des 3 anciennes universités strasbourgeoises, le SGEN-CFDT avait souhaité prendre le pouls des différents personnels sur le fonctionnement de cette nouvelle université, ainsi que sur les changements positifs ou négatifs qui ont pu voir le jour. Vous avez été nombreux à nous répondre, ce qui montre que cette initiative était pertinente. Elle vous a permis de formaliser soit une impression, ou un ressenti perceptible depuis de nombreuses semaines. Voici les conclusions que nous pouvons en tirer.

I – Une université unique ne créant aucun avantage et qui laisse au mieux indifférent

- Il n’y a eu dans les réponses qui nous sont parvenues aucune référence à un éventuel pessimisme sur les chances de réussite ou sur le manque de pertinence de cette fusion avant sa mise en œuvre. Pas de réel enthousiasme non plus. L’attente minimale était que ce projet pouvait permettre au monde universitaire strasbourgeois de communiquer sur un message, une image et une visibilité plus cohérente, trois universités dans une ville de la taille de Strasbourg ne correspondant pas ou plus aux standards internationaux. Mis à part cela, vous avez dit n’en attendre pas grand-chose.

- 10 mois après, vous avez dans une très large majorité exprimé une grande indifférence vis à vis de la création de cette université unique. Les réponses au questionnaire sont extrêmement claires : il n’existe à l’heure actuelle aucun avantage à la création de l’UdS qui a été décidée « à marche forcée et sans concertation » (seul point positif la création du pass professionnel, un outil utile et apprécié de beaucoup).

- Il est intéressant de noter que cet avis est partagé par toutes les catégories de personnel (BIATOS, enseignants-chercheurs, personnel de bibliothèque..). On aurait pu croire qu’un clivage catégoriel apparaîtrait sur la question, mais il n’en est rien.

- Pour le moment, la visibilité accrue du monde universitaire strasbourgeois s’arrête au seul nom de l’UdS.

II – Une lourdeur administrative et une équipe dirigeante inaccessible

- La centralisation qui a découlé de cette fusion est responsable d’une lourdeur administrative touchant tous les services et a placé les centres de décisions hors d’atteinte de la plupart des personnels de l’université.

- Les plus modérés dénoncent le « centralisme démocratique », mais d’autres n’hésitent pas à parler « d’une oligarchie inaccessible de vice-présidents » ne rendant aucun compte à la communauté académique.

- A tous niveaux se pose le problème du bon interlocuteur : concernant des questions de fonctionnement simple (« on prend des tickets comme chez le boucher ») jusqu’au souhait de pouvoir bénéficier d’un appui ou d’un soutien politique. La multiplication des échelons hiérarchiques et administratifs empêche les prises de décisions rapides et pertinentes, bloquant toutes tentatives d’instauration de rapports sociaux et conviviaux pourtant nécessaires à une ambiance de travail propice à l’accomplissement des missions et objectifs de tous.

- Ces différents éléments ont pour conséquence une baisse de considération vis à vis du personnel et des enseignements, une surcharge de travail pour les BIATOS, de nombreux conflits liés à la rémunération, un manque de transparence instauré par l’équipe dirigeante (notamment l’octroi de certaines primes pour les personnels contractuels), et un manque de moyens de manière générale (même si ce dernier élément peut ne pas être lié à la fusion).

- Les anciennes universités ne bénéficiaient peut-être pas de tous les moyens financiers et en personnel qu’elles auraient souhaité : avec la fusion (et peut-être également un peu avec la LRU), la situation ne s’est pas améliorée bien au contraire (suppression de certains services, difficultés pour recruter, situation des contractuels pas à la hauteur de ce qui était prévu), et la dimension humaine qui faisait partie des points positifs d’avant fusion est en train de complètement disparaître.

III – Des risques sur les missions de service public de l’université de Strasbourg et sur le rayonnement de l’Université

- Vous avez exprimé votre inquiétude sur le fait que les difficultés auxquelles doivent faire face actuellement l’ensemble des personnels de l’Université de Strasbourg pourraient mettre en péril la mise en œuvre du service public. Les usagers pourraient rapidement, si ce n’est déjà le cas, délaisser l’UdS au profit de structures plus cohérentes et de formations réservées à un moins grand nombre - BTS, préparation grandes écoles, IUT (cette dernière structure fait partie de l’université mais son statut particulier la préserve de l’étiquette « gestion de masse »)

- Alors bien sûr, les inscriptions à l’UdS sont sensiblement supérieures à celles de l’année dernière à la même époque. Mais cette légère augmentation cache des disparités très importantes puisque certaines UFR ont connu une véritable désaffection les plaçant dans une situation extrêmement difficile. Cette baisse des inscriptions touchant certaines filières n’est pas un phénomène unique à Strasbourg puisqu’il touche les universités françaises dans leur ensemble. Mais les évènements actuels à l’UdS ne feront que la renforcer si la situation n’évolue pas de manière positive.

- La plupart des personnels, et notamment les enseignants, ont estimé que les changements qui se sont produits avec d’une part la fusion et d’autres part l’autonomie ne pouvaient pas se faire sans dysfonctionnements plus ou moins importants et qu’il était normal que l’Université vive une période plus ou moins longue de turbulence. C’est en quelque sorte le prix à payer pour une certaine rationalisation.

- Mais ce qu’ont voulu exprimer avant tout les personnels en répondant à ce questionnaire, c’est que cette tolérance face au changement et aux difficultés était arrivée à ses limites. Les différents problèmes techniques ou logistiques seront d’ici peu tous résolus, ce n’est qu’une question de temps. Mais qu’en est-il de la politique instaurée par l’équipe dirigeante ?

Le Sgen-cfdt demande que soient entendues et prises en compte toutes les doléances exprimées dans ce bilan et qu’une suite favorable leur soit donnée.